lundi 21 septembre 2015

La sonnambula (Vincenzo Bellini)


Historique

Nous sommes en 1829 Bellini vient de remporter un grand succès à la Scala avec “L’étrangère (La straniera)”. Trois mois plus tard il essuie un échec avec “Zaira” ; recupérant de larges extraits, il crée ensuite “Les Capulets et Montaigus” et en 1830 il commence la composition de “La Sonnambula”, conte villageois écrit pour la diva de l’époque “La divine Pasta”. Bellini aurait voulu présenter d’abord “Ernani” mais la censure le contraint à renoncer à ce projet.“La Sonnambula” destiné à l’opéra de Milan a été composé en trois mois sur un livret de Romani.

Le 6 Mars 1831, la première est un triomphe et la critique est dithyrambique. Mme Pasta et Mr Rubini en sont les deux premiers interprètes, le public ne tarit pas d’éloges à leur égard.

Le thème

L’action se déroule dans un village Suisse. Amina est une belle orpheline elevée par Teresa la meunière. Amina se prépare à épouser Elvino, mais ce projet de mariage déplait à Lisa l’aubergiste qui fut la première fiancée d’ Elvino. Arrive dans le bourg, Rodolfo, fils de l’ancien Comte. Rodolfo plait beaucoup à Lisa et excite la jalousie mal placée d’Elvino.Au cours d’une crise de sonnambulisme Elvira fait inconsciemment une déclaration d’amour à Rodolfo. Elvino se méprenant et voyant sa fiancée sur le lit de Rodolfo la répudie et tout le village la rejette injustement.

La jeune fille essaie de s’expliquer mais en vain. Elvino retourne auprès de son ancienne fiancée mais juste avant leur mariage, Rodolfo surgit et innocente Amina jetant ainsi un premier doute sur sa réelle culpabilité. A cet instant, Amina, faisant une nouvelle crise de sonnambulisme, preuve de son innocence, apparait marchant sur le bord d’un toit. Elle se réveille dans les bras d’Elvino, très repentant de ses accusations injustes. 


Les airs

  • “Ah! non credea mirarti” : Amina endormie sur le bord du toit chante la brieveté de sa relation d’amour avec Elvino.
  • “Lisa mendace anch’ essa” : Elvino s’aperçoit que Lisa a menti sur la culpabilité d’Amina ; tous se joignent à lui pour lui en faire reproche. 

Les interprètes

Cecilia Bartoli : mezzo soprano née en 1966 à Rome. Elle figure parmi les interprètes actuelles les plus connues. Sa première passion fut le Flamenco qui lui donna beaucoup de sensualité dans l’interprétation et dans ses déplacements scéniques; elle a chanté notamment avec Von Karajan, Daniel barenboim. Elle concentre actuellement ses activités sur les orchestres avec instruments anciens.

William Matteuzzi : tenor italien né à Bologne en 1957 connu pour atteindre le ‘’fa’’ à pleine voix; en 1980 il recoit le prix Caruso. Il se consacre actuellement à l’enseignement et à l’enregistrement des opéras de Monteverdi.

Le compositeur: Vincenzo Bellini : voir Norma.

vendredi 11 septembre 2015

Iphigénie en Tauride (Gluck)


Historique

Cet Opéra en 4 actes sur un livret de Nicolas François Gaillard, créé a Paris en 1779, est né de l’affrontement de deux compositeur, Christoph Willibald Gluck et Piccini, qui travaillèrent sur le même thème. Gluck sortit vainqueur de la confrontation et “son” Iphigenie sera jouée 400 fois entre 1779 et 1829. Ce sera également l’avant dernier ouvrage de Gluck et l’apothéose de “sa reforme” de l’art lyrique. Par une meilleure concordance entre la musique et le livret, avec pour intention d’émouvoir le public en insistant sur les aspects dramatiques, il fut à l'origine du grand virage de cet art. Hector Berlioz dira d’Iphigenie : “l’effet de ses sombres mélodies continua longtemps après et j’en pleurai dans mon lit”.

Le thème

Les grecs Oreste et Pylade ont été chargé de ramener de Tauride la statue de Diane. Iphigenie, sœur d’Oreste et grande prêtresse, vit exilée en Tauride. Pour plaire au roi des Scythes, Iphigenie doit sacrifier un étranger. Oreste et Pylade qui arrivent à ce moment là chez les Scythes sont les victimes toutes désignées.

Au 2ème acte, Oreste, emprisonné mais qui n’a pas révelé son nom, raconte à Iphigenie les malheurs de leur famille. Iphigenie décide d’épargner Oreste mais celui ci refuse et préfère mourir afin de faire libérer son ami Pylade.

Au 4ème acte, Iphigenie s’apprête à sacrifier Oreste qui lui révèle alors son nom. Survint Pylade qui est revenu délivrer Oreste avec ses guerriers. Le roi des Scythes est tué, Diane intervient et la paix revient. (source Thibault Bouchard)

Les airs
  • “O Dei Cagion, Del Mio Dolor” : Iphigenie pleure en apprenant le triste sort de sa famille ( en effet sa mère a tué son père et son frère a tué sa mère! ). “Io Ti Veggio” : Iphigenie veut épargner un des deux prisonniers en lui faisant porter un message en Grèce.

L’interprète

Maria Callas (voir Norma)

Le compositeur

Christoph Willibald Gluck. Il naît en 1714 en Bavière. A 16 ans, il quitte le foyer familial et gagne sa vie en jouant de la guimbarde. Avec l’aide du prince Lobkowitz, il poursuit néanmoins sa formation musicale ; il crée son premier opéra à Milan à l’age de 27 ans. Il rejoint Londres en 1745 ou il rencontre Haendel qui y regne en maître et entend le rester. En 1752, il crée à Naples de sa première œuvre majeure, “la Clémence de Titus”. Il s’installe à Vienne où il résidera définitivement. En 1762, il crée de “Orphee et Eurydice”.

Il crée “Ifigenia” à Paris en 1779 (Iphigenie en Tauride), avant dernier ouvrage de Gluck qui poursuit à travers cette œuvre ce qu’il a appelé sa réforme, c’est à dire la recherche de la vérite dramatique avec l’intention d’émouvoir ; on peut le considérer comme un précurseur de l’opéra romantique. Après l’échec de son drame lyrique, “Echo et Narcisse”, il rentre à Vienne et il s’y éteint en 1787, en pleine gloire .

vendredi 4 septembre 2015

Les Noces de Figaro (Mozart)


Historique

Opéra bouffe (c’est à dire réellement comique) composé d’après la pièce de Beaumarchais’’ le Mariage de Figaro‘’. Il fut le premier des trois opéras écrits en collaboration avec Laura de Ponte. La pièce de Beaumarchais avait été interdite par Frederic II en 1785. le librettiste en expurgea les références politiques et l’œuvre fut approuvée et même soutenue financièrement par l’empereur qui se contenta un peu ridiculement d’exiger le retrait de certaines répétitions dans les airs. La première représentation eut lieu à Vienne en 1786. L’accueil par le public noble fut tout d’abord très mitigé mais l’œuvre fut quand même représentée huit fois cette année là.

Le thème

Susanna et Figaro,tous deux au service du Comte Almaviva préparent leurs noces. Le Comte, loin d’etre un modèle de fidélité, essaie de séduire Susanna et au passage la fille de son jardinier, Barberina. Il est concurrencé par Cherubin, amoureux de toutes les femmes et notamment de la Comtesse. Pour compléter le tableau, la gouvernante du comte, Marcellina, veut empêcher le mariage car Figaro lui avait fait la même promesse. Nous sommes donc en plein vaudeville qui mixe très intelligemment les scènes comiques et la critique des mœurs de la noblesse d’alors. Comme il se doit dans un opéra bouffe tout cela se terminera très bien pour tout le monde.

Le compositeur : Mozart (voir la flute enchantée)

Les airs

  • “L'ho Perduta…Me Meschina!” : cavatine de Barberine qui exprime ses doutes et ses craintes. La cavatine est une petite pièce musicale écrite pour soliste et sans reprise “Voi Che Sapete” : auto portrait de Cherubin qui s’étale sur ses ressentis

L’interprète

Teresa Berganza : mezzo soprano, née a madrid 1935. Une des plus grandes mezzos du XXème siècle, elle se situe comme une des virtuoses de Mozart. Elle s’est révelée en 1957 à Aix en Provence dans’’ Cosi Fan Tutte’’ ; elle est la référence dans les roles de Cherubin ( les Noces…) de Rosina (le Barbier…), ou Carmen. En 1979 elle tient le role de Zerina dans le film “Don Giovanni’’ de Joseph Losey.

vendredi 28 août 2015

Lakmé (Léo Delibes)


Historique

Comme nombre d’opéras de l’époque, Lakmé traduit l’ambiance orientale en vogue au 19eme siècle. L’oeuvre est créée en 1883 à Paris et atteint sa 1000ème représentation en 1931. Le librettiste Gondinet s’inspira des carnets de voyages de Theodore Pavie.

L’histoire

L’histoire se déroule en Inde, alors sous occupation britannique. Lakmé, fille d’un brahmane, rencontre par hasard dans l’enceinte d’un temple sacré, Gerald, officier anglais. Gerald est séduit par la beauté de Lakmé, celle-ci n’est pas insensible non plus au charme de l’officier. Elle le supplie de se retirer de ce lieu sacré. Le père de Lakmé, Nilakantha, comprenant que le temple a été souillé se déguise en mendiant et obligeant sa fille à le suivre, part à la recherche de l’intrus.

En reconnaissant Gérald, Lakmé se trahit et Nilakantha poignarde l’officier. Lakmé le soigne et le sauve mais comprenant que l’officier va repartir, elle se donne la mort et s’éteint dans les bras de Gérald.

Les airs

  • “Duo des fleurs” : au premier acte, Lakme et Malika se promènent dans le temple sacré et cueillent des fleurs.
  • “Air des clochettes (Dov'e l'Indiana bruna?)” : le père de Lakmé oblige sa fille à chanter la légende de l’indienne qui sauva Vishnou en faisant tinter des clochettes. 

Le compositeur

Leo Delibes (1836-1891), compositeur français issu d’une famille de musicien, entre au conservatoire de Paris et obtient un premier prix de solfège en 1850. En 1863 il crée ’le jardinier et son seigneur’, en 1866, il crée son premier ballet et en 1870 le ballet qui lui assurera la célébrité ’Coppelia‘.

En 1881 il est nommé professeur de composition au conservatoire. En 1883 son plus grand opéra, Lakmé, est crée à Paris. Il s’éteint en 1891.

L’interprète

Mady Mesplé : soprano. Née en Toulouse en 1931, elle étudie d’abord le piano et obtient un premier prix de conservatoire. Elle débute dans le lyrique avec Lakmé en 1953. Elle s’est illustrée aussi bien dans les rôles du répertoire français (Lakmé Philine, Olympia…) qu’italien (Gilda, Rosina, Lucia….) ou allemand (la Reine de la Nuit…). Elle figure parmi les artistes lyriques ayant enregistré le plus d’albums.

En 2011, EMI sort un coffret en édition spéciale pour son 80eme anniversaire. Elle reste encore aujourd’hui, la référence pour son interprétation de l’air des clochettes.

vendredi 21 août 2015

La Force du destin (Giuseppe Verdi)


Comme souvent avec Verdi, La Force du destin naît dans la douleur, querelle de cantatrices, livret trop prolixe de mots… Une première version sera conservée pendant sept ans et la version définitive ne sera donnée qu’en 1869. Verdi lui-même dira qu’il contient une ballade, deux romances, deux duos mais aucune scène montrant de l’originalité, du caractère. Le succès sera indiscutable mais court malgré un bon accueil du public parisien.

Le thème

L’action se déroule en Espagne et en Italie au 18eme siècle. Le Marquis de Calatravo est tué accidentellement par Alvaro, l’amant de sa fille Leonara. Le frère de celle-ci, Don Carlos, part à la recherche de l’assassin pour venger son père.

A l’acte 2, on retrouve, honteuse, Leonara qui s’est refugiée dans un couvent, se croyant abandonnée d’Alvaro. A l’acte 3, Alvaro, croyant Leonara morte, s’engage dans l’armée et sauve sans le reconnaître Don Carlos qui lui jure une reconnaissance éternelle. Blessé à son tour, Alvaro remet à Don Carlos un pli, celui-ci découvre en le lisant qu’Alvaro est l’assassin de son père. A l’acte 4 Don Carlos retrouve Alvaro, un duel s’engage entre eux et Don Carlos est mortellement blessé mais il parvient à tuer sa sœur avant de mourir ; l’honneur de la famille est sauf ! Alvaro est condamné à expier ses fautes.

Les airs

  • "Le minacce, i fieri accenti" : acte 4, scène 2 : « que le vent disperse les menaces », Alvaro demande à Don Carlos de tout oublier mais il essuie le refus de celui-ci qui le gifle.
  • "Pace, pace mio Dio !" : acte 4, scène 2 : Leonara implore la mort mais elle n’a pas oublié Alvaro ; son frère surgit et la poignarde.

Le compositeur

Verdi Giuseppe (voir notre article sur La Traviata)

Les interprètes

Maria Callas : voir notre article sur Norma.
Richard Tucker : (Alvaro) : ténor américain né en 1913 à New York et mort en 1975 ; il fut l’un des plus célèbres de sa génération et ténor vedette du Metropolitan. Il enregistra notamment La Force du Destin avec Callas.